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Les chefs d'œuvre des ébénistes, orfèvres, bronziers, céramistes et artistes
parisiens acquis par le commerce ou récupérés par leurs auteurs, passent souvent aux mains
d'amateurs étrangers.
Deux siècles plus tard, certains réapparaissent sur le marché international, auréolés
d'un prestige qui booste les estimations des experts, pas toujours à bon escient.
Si l'état français peut faire jouer
son droit de préemption dans les ventes de l'Hexagone, il n'en va pas de même à l'étranger
où il est contraint de pousser l'enchère comme les autres amateurs. Heureusement de riches mécènes
viennent parfois au secours du budget national.
Le cas le plus célèbre est celui de la commode de la bibliothèque du roi, œuvre de Riesener,
présentée chez Christie's à Londres dans une collection Rothschild. Le crédit de 35
millions de francs (5,34 millions d'euros) dont disposait Versailles ne pouvant couvrir l'enchère finale
de 64 millions (hors frais), Madame Maryvonne Pinault mit la différence et le meuble a retrouvé sa
place dans le bibliothèque royale.
Quand le meuble se présente à Paris, la perspective d'une préemption ou d'un classement dissuadent
les acheteurs étrangers, et les enchères n'atteignent pas ces sommets. En décembre 2005, un
coffre de voyage signé du même Riesener ayant appartenu à la reine a été préempté
pas Versailles sur l'enchère de 413.700.€, (Artcurial) environ trois fois l'estimation il est vrai.
Perles et porcelaines
En 2006 et 2007, quelques pièces du service "à perles et barbeaux" commandé à
Sèvres en 1781 passèrent chez Sotheby's à Paris. Seul un pot à jus fut préempté
par Versailles sur l'enchère de 15 600.€. Un autre pot à jus fut poussé à 13 200€ et
deux assiettes obtinrent respecti- vement 32.400 et 31.200€ en mars 2006, et mars 2007. Lors de la même vente,
une terrine d'un décor similaire, en porcelaine de Paris (rue Thiroux) provenant de la laiterie du hameau
a été poussée à 62.400.€
Certains objets annoncés à grand bruit essuient des échecs. Ce fut le cas le 12 décembre
2007 pour un collier composé de grosses perles baroques qu'une tradition familiale disait avoir été
confiée par la reine à l'épouse de l'ambassadeur d'Angleterre, au moment de la Révolution.
Une certaine incertitude pesant sur cette filiation, les 500.000.€ espérés
par Christie's ne furent pas atteints et les perles demeurèrent invendues.
Une provenance historique est un atout un double tranchant: s'il fait souvent monter les enchères, il peut
dissuader les acheteurs. Les musées nationaux réservent leurs crédits aux choses exceptionnelles,
à l'authenticité dûment avérée. Beaucoup souvenirs de Versailles passent ainsi
chaque année aux enchères à des prix raisonnables, sans susciter de préemptions, ni
de refus d'exportation.
JB - FD
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