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Délit de non initié
En pleine crise financière
mondiale, les aventuriers qui jonglent avec l'argent des autres s'imaginent parfois que le marché de l'art
peut offrir des perspective de nouveaux placements. Mais ils ignorent souvent que le champ de recherche des investissements
artistiques peut se révéler un terrain miné.
Les donneurs de conseils qui se prennent pour des initiés se trompent souvent de cible. Les enchères
manquent de transparence et la lourdeur des frais et des taxes, les caprices de l'évolution du goût
sont autant de facteurs aléatoires qui condamnent à l'échec tout espoir d'enrichissement rapide.
Le bilan positif de la récente Biennale des Antiquaires* montre pourtant que les œuvres de qualité
demeurent aux yeux des connaisseurs des valeurs plus sûres que les volatiles actions boursières.
Dans cette atmosphère de panique, le marché de l'art conserve donc tous ses attraits. Mais qui donc
peut prétendre acheter à coup sûr un bien artistique ? Ce que ne savent pas les spéculateurs
à courte vue, c'est qu'avant d'aller enchérir à Drouot ou dans tout autre lieu des ventes,
il faut passer par le Louvre, visiter des centaines d'expositions, lire des milliers d'ouvrages, décrypter
d'innombrables catalogues…Quelle fabuleuse discipline ! Il faut aussi consacrer des heures à visiter antiquaires
et galeries de tableaux, et bien sûr courir salons et brocantes.
Bref, c'est le fait même de n'être pas initié, qui dans le monde de l'art serait un impardonnable
délit. Le manque de connaissances n'est jamais une circonstance atténuante. La perception de la beauté
est un long apprentissage et c'est là pourtant la source vive de tout enrichissement.
JB
*voir notre article et l'interview du président
Deydier
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