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 LE MYTHE DE LA MAMOUNIA

 

5000 souvenirs d'un Palace

Les deux bustes
qui ont battus tous les records
avec une enchère
à 40.000 €


   
 

 Maître Claude Aguttes vient de mettre en pratique avec éclat la théorie de " la valeur du mythe " qui a fait récemment l'objet d'un article, paru sur le site " La Valeur des Choses " (cliquez -ici)

Ce n'est pas par hasard que le catalogue de 300 pages consacré aux ventes de Marrakech du 21 au 24 mai 2009, portait le titre suivant :

LA MAMOUNIA, UN MYTHE, UN PALACE, UNE LÈGENDE.


" Tout ce qui change se démode " écrit Maître AGUTTES, dans sa préface. D'où la nécessité, pour un palace mondialement connu, de changer de décor pour rester dans le vent. Plus de 5000 meubles et objets ont fasciné pendant quatre jours des amateurs du monde entier qui furent pour la plupart, des clients de ce palace de rêve.

Dans l'ensemble, la plupart des estimations ont été doublées, portant le total des ventes à près de trois millions d'euros.


A titre d'exemples, une série de coffres en bois, estimés chacun 300 € ont atteint de 600 à 800 € le coffre,

Un grand tapis marocain dont on attendait 300 € est devenu un tapis volant à 2.252 €.

" Une femme aux lévriers " copie en bronze d'après Chiparus, s'est vendue 12.420 € pour une estimation de 2.000 €

Le style " pseudo art deco "

Parmi les tendances du goût actuel, c'est une fois de plus le style art déco ou plutot, pseudo art déco qui a obtenu les plus beaux succès.
Des armoires en fausse loupe annoncées 300 € au catalogue - et qui ne valaient guère plus - ont capté des enchères à plus de 2.500 €.
Une paire de fauteuils-club, en bois noirci, qualifiés de style art déco, estimée 200 €, a dépassé 1.500 €.
Une paire de bergères, fauteuils d'édition courante, baptisée " création Leleu " estimée 500 € a atteint 3.740 €....7 fois l'estimation !.  


Une série de 20 coiffeuses, prévues à 500 € pièce, ont plus que triplées l'estimation pour dépasser, chacune, 1.600 €.

Une paire de chaises longues cannées " à l'imitation du rotin " a décuplé l'estimation avec une enchère de 1.446 €.
Les écarts sont parfois bien plus grands encore comme ce cheval sculpté (hauteur 172 cm) annoncé 400 € qui a bondi à 9.320 €  

Une grande calèche en tôle laquée estimée 1.000 € a pris le large à 2.252 €, uniquement parce qu'elle portait la marque peinte au nom de la Mamounia.

Une paire de lanternes d'applique en métal doré, annoncée 100 € a dépassé 240 €

La pièce d'éclairage la plus spectaculaire était un lustre à 40 lumières parmi les perles et les plaquettes qui a hissé les enchères à 6.840 € sur estimation de 2.000 €.


Les prix les plus étonnants vont à un bureau plat à motifs en arabesques qui s'est disputé entre des enchérisseurs jusqu'à atteindre 22.340 €.



Et le vainqueur de cette course à la hausse a puisé dans ses ressources pour enlever à 40.000 € une paire de bustes faits de coquilles et coquillages, une œuvre kitsch, que les clients qualifiaient parfois de monstres en passant dans l'entrée du palace qu'ils encadraient de leur présence baroque.

Laissons Maître Claude Aguttes conclure, qui considère que les objets aujourd'hui témoins d'une époque seront demain des antiquités recherchées " car portant la marque de l'histoire de la Mamounia "

Dans la foulée et la folie des enchères, le commissaire-
priseur parisien a annoncé une autre vente du reste du mobilier, du linge et des objets de décoration de la Mamounia pour les 23, 24 et 25 juin prochains.
 

M comme Mamounia,
une lettre qui vaut de l'or

 


Jean Bedel